
De beaux discours ont été prononcés dans la matinée par le président des Etats-Unis et par son hôte à Ramallah, devant les caméras du monde entier. Mais dans l'entourage de Mahmoud Abbas, certains s'expriment différemment que ne le fait leur leader en public.
L'un d'entre eux n'est autre que le négociateur palestinien Saeb Arekat, qui a tenu à réagir à certaines remarques de Bush, émises lors de sa conférence de presse avec Olmert, mercredi soir. Arekat n'a pas aimé, surtout, que le président américain dise que ''pour qu'un Etat palestinien voie le jour, il fallait s'assurer qu'il ne serait pas le refuge des terroristes qui veulent détruire Israël". Arekat a déclaré que "les Etats-Unis ne devaient pas se mêler du conflit", ajoutant encore: "Les expressions qu'utilise Bush ne nous intéressent pas. Il n'est pas en mesure de distribuer des promesses concernant le règlement permanent. Le problème n'est pas entre les USA et Israël mais entre Israël et les Palestiniens".
A Gaza, le Hamas a organisé mercredi soir une manifestation contre la visite du président américain. L'organisation terroriste a distribué des tracts dénonçant la visite de George Bush en des termes très virulents: "Bush est le grand Satan de l'administration américaine et représente le Mal dans le monde. En se rendant en Samarie, il poursuit l'objectif d'enterrer définitivement le problème palestinien et d'encourager l'occupation". Quant à Abou Mazen, il a été présenté comme un pantin entre les mains des Américains et les auteurs du tract lui ont demandé de ne pas rencontrer le président des Etats-Unis.
De son côté, le mouvement islamique d'Israël ainsi que le parti Balad ont publié un communiqué dans lequel ils indiquent: "Le président américain, dont les mains sont couvertes du sang des Irakiens, des Afghans et d'autres peuples opprimés, est arrivé dans le pays. Cette visite n'est pas la bienvenue étant donné que la politique de Bush et de son administration n'a pas changé et qu'elle a pour logique les affrontements et les guerres au lieu de règlements pacifiques justes et globaux". Ils ont dénoncé en particulier l'attitude de Bush qui s'est engagé à "garantir la sécurité d'Israël en tant qu'Etat juif".
Le chef du Hezbollah Hassan Nassrallah, commentant à sa manière la visite de Bush, a estimé que c'était un "jour sombre pour les Arabes et les Musulmans du Proche-Orient". Et d'ajouter: "Bush est un Pharaon moderne. Si les Américains sont entrés en guerre dans la région, c'est uniquement pour défendre Israël".
Dans le monde arabe, les réactions ne sont pas plus tendres, on s'en doute bien. Le cheikh Ahmed Bader Al-Din Hassoun, Mufti de Syrie, a déclaré que George Bush était "un assassin méprisable" et que "cent ans ne suffiraient pas pour réparer les dégâts qu'il a causés dans la région". Mercredi soir, le ministre syrien de l'Information Mohsein Bilal s'est attaqué à Bush, dénonçant même son intention de participer aux festivités du soixantième anniversaire de l'Etat d'Israël, prévues dans quelques mois lors de la fête de l'Indépendance, Yom Haatsmaout.
En Egypte, ce n'est pas l'enthousiasme non plus. D'après le journal A-Shark Al Awsat, paraissant à Londres, des discussions orageuses auraient eu lieu sur la question au sein de l'Union des Journalistes au Caire. L'un d'entre eux, appartenant aux Frères musulmans, aurait demandé à ses confrères de manifester sur les marches du siège de leur organisation.