
Généralement, quand un chef d'Etat effectue une visite dans un pays étranger, il est d'usage qu'il rencontre également le leader de l'opposition. Mais lorsque le voyage de Bush a été organisé en Israël, la presse a été informée que ce dernier ne s'entretiendrait pas avec le président du Likoud Binyamin Netanyahou.
Cette décision avait suscité l'indignation de la droite et finalement, l'ambassadeur des Etats-Unis Richard Jones a pris contact mercredi matin avec Netanyahou pour lui annoncer que le président américain souhaitait s'entretenir avec lui le lendemain matin à l'hôtel King David de Jérusalem où il séjournait. Pour le professeur Emmanuel Navon, interviewé sur notre site, Olmert aurait tout tenté pour empêcher cette rencontre: "D'après l'entourage de Netanyahou, Olmert ne veut pas que George Bush entende un autre son de cloche sur le processus d'Annapolis et sur ce qui se passe au sein de l'Autorité palestinienne puisque cela pousserait à remettre en question la politique d'Ehoud Olmert aujourd'hui".
Finalement, l'entrevue a eu lieu et elle a même duré plus longtemps que prévu. Au début de l'entretien, Netanyahou a remis au président américain une pièce de monnaie antique, découverte lors de fouilles dans la capitale, frappée trois ans après le début de la grande révolte des Juifs d'Israël contre l'envahisseur romain. La pièce porte l'inscription suivante: "Troisième année (de la rébellion), Jérusalem la Sainte".
Netanyahou a expliqué à son interlocuteur qu'il s'agissait d'une preuve supplémentaire du lien profond entre le peuple juif et Jérusalem depuis des milliers d'années. Il a ajouté avec conviction que "Jérusalem appartenait au peuple juif et resterait unifiée à jamais sous souveraineté israélienne".
L'entretien se serait déroulée dans une ambiance détendue et cordiale. Les deux hommes ont évoqué un certain nombre de questions internationales et se sont attardés sur le problème de la menace iranienne. A ce sujet, Netanyahou a déclaré à George Bush qu'il voyait en lui un ami véritable d'Israël et qu'il saluait les efforts qu'il avait déployés pour défendre le monde libre du terrorisme de l'Islam extrémiste.
Concernant Israël, le leader du Likoud a exposé au président américain les grandes lignes de son plan de paix économique pour le Proche-Orient, pouvant constituer selon lui la base d'un futur accord. Il a en outre indiqué qu'il soutenait les initiatives économiques du nouvel émissaire du Quartette, l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair.
La rencontre, qui a duré 45 minutes, s'est déroulée en présence de la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, du conseiller de George Bush à la Sécurité nationale Stephen Hadley et du conseiller spécial du président Elliot Abrams.