Le nouveau candidat à l’immigration présente un profil relativement nouveau. Concrétisation d’un rêve sioniste, certainement, mais dans des conditions matérielles plus sûres. Et parfois, on peut parler d’allers-retours entre Israël et pays d’origine, subsistance oblige.
Il y a autant de sionistes qu’il y a de Juifs, assurément ! Ce qui veut dire : une infinité.
Lorsque l’économiste américain et gouverneur de la Banque d’Israël, Stanley Fisher, a fait son Alyah en 2005, son geste a symbolisé, bien mieux que de nombreux discours, cette nouvelle approche de l’immigration : partir sans renoncer à un certain niveau de vie.
Car quoi qu’il arrive, un tel pas franchi est aussi un acte de sionisme fort.
Mais sans aller jusqu’à généraliser de tels cas, somme toute exceptionnels puisqu’il s’agit de personnages particulièrement aisés, nous voulons aborder néanmoins cette actualité de l’Alya, celle d’une partie des Juifs, de toutes origines, qui décident de rejoindre Israël en gardant un niveau de vie des plus confortables.
Ce type d’Alya, surnommée "Alyah Boeing, ou speed-alyah" en référence aux nombreux allers-retours entre Israël où l’on a décidé de vivre et faire vivre sa famille, et le pays d’origine où l’on retourne travailler l’essentiel de la semaine, ou la majeure partie du mois, c’est au choix.
Certains continueront à travailler à Wall Street ou Paris cinq jours par semaine puis rentreront "à la maison" pour le week end, certains autres s’installeront à Tel Aviv ou Herzlia, mais garderont un statut de touriste. D’autres encore se partageront entre une nationalité israélienne, pour l’un des parents, et un statut d’étranger pour l’autre, au nom duquel sera inscrit le dossier financier de la famille.
Ces exemples nous éloignent quelque peu de l’époque de l’immigration russe ou éthiopienne certes, mais n’illustre pas moins le désir vivace chez une catégorie aisée du peuple juif de réaliser cette aspiration sioniste. Ceci s’explique surtout par le fait avéré que 90% des juifs en diaspora vivent actuellement dans des pays économiquement forts, profitant donc eux-mêmes d’un niveau de vie confortable.
La question se pose donc pour eux : monter en Israël répond certes à un désir ardent, mais quid de ce niveau de vie antérieur ? Alors pour certains, un compromis sera trouvé : en l’occurrence venir en Israël avec sa famille, mais s’assurer le maintien d’une situation professionnelle stable.
Tout le paradoxe de l’Alyah est résumé : il fut une période où l’alternative de l’Alyah répondait à une fuite ou à une pression trop fortes de diaspora, sur le plan économique ou sur des problèmes d’antisémitisme. Aujourd’hui, les choses ont changé et plus rares sont les immigrations motivées par les persécutions antisémites.
L’exemple des juifs iraniens est, à ce titre, parlant. Les 25 000 juifs vivant en Iran peuvent quitter la République islamique, mais n’y ont pas pour autant recours.
Conclusion inspirée par cette nouvelle forme d’immigration : quelles que soient les apparences qu’elle prend, l’Alya a de l’avenir devant elle et il faut s’en féliciter.
Et c’est une bonne nouvelle.