
Un
congrès de rabbins orthodoxes s'est ouvert lundi à Jérusalem, auquel ont participé 150 rabbins, présidents de communautés et délégués orthodoxes d'organisations juives venus de 35 pays. Parmi les sujets évoqués : la menace du partage de Jérusalem et l'identité juive en diaspora.
Le Rav Youval Sharlo a indiqué qu'il était inquiet des "chiffres terribles de la Shoah silencieuse". Selon lui, il est évident que plus un Juif de l'étranger passe de temps en Israël, moins il risque de s'assimiler : "Un enfant juif qui a fait une visite d'une semaine en Israël, même dans le cadre d'un programme du Shomer HaTsaïr (mouvement de gauche), risque beaucoup moins de s'assimiler ".
Et d'ajouter : "Nous devons faire venir des Juifs en Israël, de toutes les sortes et de tous les genres. Je suis effrayé lorsque je pense au nombre de maisons juives où un sapin de Noël trône au milieu du salon !" Le rabbin a rappelé que c'était en renforçant la Torah qu'on pouvait "consolider l'identité juive", en envoyant des jeunes du courant sioniste religieux en mission dans les communautés juives du monde.
L'ancien chef d'état-major, Moshé (Bougui) Yaalon, s'est quant à lui concentré, au cours du congrès, sur le danger existentiel qui pèse sur les Juifs et les citoyens israéliens après la conférence d'Annapolis. Cependant, il a précisé qu'il ne désespérait nullement : "Nous n'avons ni uranium, ni pétrole, ni autres ressources naturelles pour enrichir les caisses de l'État, mais nous avons le cerveau juif et l'engagement envers Israël, qui nous ont permis d'arriver à notre statut actuel au niveau de l'éducation, de l'économie et de la technologie. Tout cela a été construit en seulement 60 ans, ce qui est un fait sans précédent."
Le grand rabbin sépharade, le Rav Shlomo Amar, a pour sa part évoqué la question de la ville sainte et il a éclaté en sanglots au milieu de son discours. "Ces derniers temps, on entend des voix qui parlent de diviser Jérusalem, notre ville sainte. La pensée d'une telle éventualité me fait trembler, moi, qui rêvais de Jérusalem dans mon enfance lorsque j'attendais de monter en Israël", a-t-il raconté. Et d'ajouter : "Je suis inquiet pour le destin de Jérusalem… Les quatre tremblements de terre qui l'ont récemment secouée sont un signe du Ciel pour nous réveiller !"
Le grand rabbin a ensuite prononcé, la voie cassée par l'émotion, une prière spéciale pour les combattants de Tsahal et les soldats enlevés et disparus. Les dizaines de participants au congrès ont répété après lui, mot pour mot, cette prière qui sortait du cœur.