Le Shérout Leoumi, "Service National Civil", est symbolisé depuis des années par ces milliers de jeunes filles sionistes-religieuses, longues jupes en jeans et sacs en bandoulière, qui au lieu de servir dans Tsahal, préfèrent offrir une ou deux années de leur temps à l'Etat à travers un bénévolat dans des institutions sociales éducatives, sociales ou médico-sociales.
Or cette institution dont l'efficacité et l'utilité sont (quasi) unanimement reconnues, est maintenant menacée par la ministre de l'Education, Youli Tamir. En effet, les nouvelles dispositions du ministère ont tout simplement supprimé le "Sherout Leoumi", pour commencer dans les écoles. Quelque 3.000 jeunes filles étaient en "liste d'attente" pour la prochaine rentrée scolaire.
Des parlementaires ont vite et vigoureusement réagi. Ronit Tirosh (Kadima), ex.directrice du ministère de l'Education a attaqué la ministre de front: "Les jeunes filles du Sherout Leoumi effectuent un véritable sacerdoce envers des populations dans la détresse ou en danger. Les filles religieuses ne sont pas obligées de la faire mais elle choisissent volontairement de consacrer une période de leur vie pour la collectivité. Toucher à cette institution équivaudrait à porter un coup sévère au délicat tissu social israélien. Il n'y a décidément aucune logique dans cette décision. Mais pour une chose, Youli Tamir est conséquente avec elle-même: dans le fait de causer systématiquement des dégâts irréparables à l'Education. Elle qui dit s'inspirer des valeurs de la démocratie et de l'égalité, se dit prête à balayer d'un revers de la main tout le travail accompli par ces jeunes filles religieuses"
Plus politique, le député Zevouloun Orlev (Ihoud Leoumi - Mafdal), a accusé la ministre de "vouloir systématiquement détruire le sionisme religieux et promouvoir l'idéologie de Shalom Akhshav dont elle est membre. Elle s'attaque à toute institution qui peut être identifié au sionisme religieux, tels que les écoles pré-militaires, les centres de diffusion d'éducation juive et maintenant le Sherout Leoumi. Par contre, elle a augmenté les budgets alloués au Service national Civil dans le secteur arabe". Orlev s'est adressé à plusieurs reprises au Premier ministre à ce sujet, mais n'a toujours pas obtenu de réponse de sa part. Il a déclaré "ne pas avoir de repos tant qu'il ne trouvera pas une majorité à la Knesset pour contrer ce projet de Youli Tamir."
Liora Minka, présidente d'Emouna, mouvement de femmes sionistes-religieuses (qui est parmi les lauréats du Prix d'Israël 2008), est également très sévère avec la ministre de l'Education: "Youli Tamir a transgressé toutes les règles et franchi toutes les lignes rouges. Elle a transformé le sionisme-religieux en bête noire et les jeunes sionistes-religieux en otages. Il est temps qu'elle retourne à ses chères études académiques et que nous soyons débarrassés de son influence nuisible".
De son côté, le député Nissan Slomiansky (Ihoud Leoumi - Mafdal) craint "les difficultés qui risquent d'apparaître dans certains secteurs de l'éducation ou du travail social, uniquement à cause de la croisade idéologique de Youli Tamir contre les institutions du sionisme religieux"
Quant au vice-président de l'Union Nationale du Bénévolat, Yaron Lutz, "sans vouloir faire de procès d'intention malveillant à la ministre, les faits parlent d'eux-mêmes: depuis les deux ans où elle est à la tête du ministère, 35% des budgets alloués au Sherout Leoumi ont été supprimés. Il semble donc que l'éducation religieuse est très loin dans les priorités de Youli Tamir"
Il est fort possible que les opposants au projet de Youli Tamir puissent trouver une majorité à la Knesset pour faire échec à ses intentions. Les partis religieux, le Ihoud Leoumi, le Likoud, Israël Beiteinou, et une partie des députés travaillistes et de Kadima pourraient bien former une majorité de circonstance pour permettre à cette noble et utile institution de poursuivre son oeuvre exemplaire.