
Rabbi Shimon Bar Yohaï, auteur du Zohar, fut l’un des plus grands Sages de la Michna. Lag Baomer, jour de sa Hilloula (jour anniversaire de sa mort), des milliers de Juifs se rendent sur sa tombe, à Meron, dans l’espoir de voir leurs prières exaucées par D.ieu grâce à l'intervention du Tsaddik.
Yohaï était un membre important de la tribu de Yehouda Son épouse Sarah descendait de la prestigieuse lignée des princes du Peuple juif et, en particulier, de Hillel Hazaken (l’Ancien)
Durant de nombreuses années, Sara resta stérile et Yohaï finit par envisager de se séparer de Sara et d’épouser une femme qui lui donnerait des enfants. Sara jeûna, donna la Tsedaka et pria avec ferveur, en suppliant D-ieu de lui permettre d’avoir un enfant.
La nuit de Roch Hachana, Yohaï fit un rêve : il se trouvait debout dans une vaste forêt dont certains arbres étaient pleins de fruits et d’autres secs. Yohaï s’appuya contre un arbre sec et aperçut un Juif impressionnant qui portait une cruche pleine d’eau sur son épaule et qui arrosait certains arbres secs. En approchant de Yohaï, l’homme s’arrêta, prit une petite fiole d’eau pure et arrosa son arbre en lui prodiguant de nombreuses bénédictions. Yohaï s’aperçut alors que cette toute petite quantité d’eau était bénie: elle s’éleva et arrosa tout ce qui se trouvait près de son arbre qui se mit à produire immédiatement des grosses pommes juteuses, sucrées et entourées de feuilles fraîches. L’arbre continua de fleurir, de produire de nouvelles branches, de nouvelles racines et des fruits dont l’arôme parfumait toute la forêt.
Yohaï se réveilla heureux et s’empressa de raconter son rêve à son épouse. Pour lui, l’interprétation était évidente. Les arbres représentaient les femmes : certaines avaient des enfants, d’autres étaient stériles. A Roch Hachana, D-ieu décrète quelles seraient celles qui mettront au monde des enfants : son épouse vertueuse en faisait partie puisque son arbre avait bénéficié d’une bénédiction extraordinaire. Cependant, il ne comprenait pas pourquoi cet homme à l’aspect majestueux avait utilisé une petite fiole qui n’avait servi que pour son arbre et pour aucun autre ?
Ravie, mais étonnée, sa femme proposa : «Allons en parler à Rabbi Akiva !» Celui-ci compléta l’interprétation donnée par Yohaï : «Sachez que Sarah était destinée à être stérile : elle n’aurait jamais dû avoir d’enfant. Ce n’est que grâce à ses prières et ses larmes, qu’elle a mérité de changer son destin et d’enfanter. La fiole qui arrosait son arbre, avait recueilli ses larmes. Ce sont ses larmes qui ont arrosé l’arbre qui la représente et seulement celui-ci !»
Et Rabbi Akiva ajouta : «Sarah ! Cette année vous donnerez naissance à un fils qui illuminera le Peuple d’Israël tout au long des générations par sa sagesse et ses actions !»
Cette année-là, à Chavouot, le jour où la Torah fut donnée au Peuple juif sur le Mont Sinaï, Sarah mit au monde un fils qui rayonnait d’un éclat particulier. Tous ceux qui le voyaient, reconnaissaient qu’il était certainement béni et qu’il diffuserait une grande lumière autour de lui. Ses parents remercièrent D-ieu et appelèrent l’enfant ‘Shimon’, car D-ieu avait entendu (‘Shama’) les prières de ses parents et les pleurs de sa mère.
L’enfant fut élevé dans la plus grande pureté et dans la plus grande sainteté. Dès l’âge de cinq ans, il fut confié à Rabban Gamliel qui dirigeait une Yechiva à Jérusalem. Il était semblable à une source en perpétuelle ébullition : encore enfant, il posait des questions pertinentes à ses maîtres, Rabbi Yeochoua ben ‘Hanina et Rabban Gamliel.
Il étudia dans la yechiva de Rabbi Yohanan Ben Zakaï et eut pour maître Rabbi Akiva qui le considérait comme son fils.
Lorsque les Romains ordonnèrent la fermeture de toutes les institutions religieuses et interdirent l’enseignement de la Tora, Rabbi Akiva ne céda pas et continua d’enseigner. Rabbi Shimon ne le quitta pas, jusqu’à son arrestation. Par la suite, Rabbi Akiva fut condamné et mourut en martyr, en sanctifiant le nom de D-ieu.
Afin de sauver le judaïsme, malgré les décrets de l’Empereur romain, un conseil de cinq Sages fut désigné. Parmi eux, figuraient Rabbi Shimon Bar Yohaï et Rabbi Méïr Baal Hanes. Ils furent poursuivis par les Romains jusqu’à la mort de l’empereur qui mit fin aux décrets cruels envers les Juifs.
Les Sages se réunirent à Yavné pour se concerter et trouver les moyens de rétablir la vie juive. Rabbi Yéhouda proposa de se montrer amical à l‘égard des Romains. Rabbi Yossé ne donna pas son avis et Rabbi Shimon se déclara déterminé à résister aux Romains par tous les moyens. Un ancien élève de Rabbi Shimon, Yéhouda ben Guerim, espion au service des Romains, leur rapporta la discussion et Rabbi Shimon fut condamné à mort.
Rabbi Shimon prit la fuite avec son fils Eléazar. Ils se cachèrent dans une grotte à l'entrée de laquelle D-ieu fit pousser un caroubier et fit jaillir une source d'eau fraîche. Pendant douze ans Rabbi Shimon bar Yohaï et son fils restèrent dans cette grotte, se nourrissant de caroubes et d'eau et passèrent leur temps à étudier et à prier.
Douze ans plus tard, le prophète Elie leur annonça la fin des persécutions romaines. Ils quittèrent alors leur cachette et virent un homme qui labourait et semait. Ils s’écrièrent : «Ils ont abandonné la vie spirituelle et se sont plongés dans la vie matérielle !» Toutes les choses sur lesquelles ils posaient leur regard, prenaient immédiatement feu. Un écho céleste les interpella : «Etes-vous sortis de votre grotte pour détruire Mon monde ? Retournez-y !»
Ils y retournèrent et y restèrent douze mois de plus, au terme desquels une voix céleste se fit de nouveau entendre en les invitant à sortir.
Désormais, Rabbi Shimon réparait tout ce que Rabbi Eléazar détruisait de son regard.
Rabbi Shimon s'établit dans la ville de Tékoa où il fonda une grande Yéchiva. Les plus illustres savants de l'époque se rendaient auprès de lui pour recevoir ses instructions. Parmi eux se trouvait Rabbi Yehouda Hanassi (le Prince), le compilateur de la Michna.
Les Romains reprirent leurs persécutions à l’égard des Juifs, leur interdisant d’observer le Chabbat, la cacherout et bien d’autres règles qui leur étaient chères. Les Sages décidèrent alors d'envoyer une délégation à Rome et choisirent Rabbi Shimon bar Yohaï pour la conduire.
En arrivant à Rome, ils apprirent que la fille de l'Empereur romain était atteinte d'une maladie et que personne n’avait réussi à la guérir. Rabbi Shimon se rendit au palais et demanda la permission de soigner la malade. Au bout de quelques jours, la princesse était guérie ! L'Empereur désirant lui exprimer sa reconnaissance, lui laissa le choix de choisir sa récompense. Rabbi Shimon demanda d’annuler les décrets contre les Juifs.
Rabbi Shimon bar Yohaï a quitté ce monde à Lag Baomer et est enterré à Meron, un petit village situé près de Safed, en Israël. Ce jour-là, il révéla à ses disciples des secrets de la Kabbale et s’assura que ce jour serait une fête célébrée par le Peuple juif tout au long des générations.
Rabbi Shimon bar Yohaï est l'auteur du Zohar (qui signifie «éclat») livre sacré qui contient des interprétations mystiques de la Tora et qui est la source principale de la Kabbale.